En France, les nobles adeptes du croquet voulant jouer par tous les temps auraient introduit une version du jeu adapté à l'intérieur des bâtiments. Au départ, le jeu se jouait à même le sol avec des billes de 10 cm de diamètre, sur une zone délimitée par de petits murs de chanvre tressé. Comme au croquet, le joueur devait impacter la bille à l'aide d'un bâton recourbé disposant d'une masse.

              Billard au sol

En 1469, le roi  Louis XI, qui souffrait de problèmes de dos, commande au maître ébéniste Henri de Vigne une table pour jouer au croquet à hauteur d'homme. Cette table, entourée de bandes en bois et recouverte d'un drap, mesure 8 pieds de long (environ 244 cm) et 4 pieds de large (environ 122 cm) et pèse 618 livres (environ 280 Kg).
Entre 1550 et 1630, le billard entre dans les moeurs; il est alors pratiqué par des nobles, des bourgeois, des écoliers ou des valets. A cette époque, les tables de billard ont plusieurs dimensions: 12 x 6 pieds (3,90 m x 1,94 m), 10 x 5 pieds (3,20 m x 1,6 m), 8 x 4 pieds (2,6 m x 1,3 m), 6 x 3 pieds (1,9 m x 1 m). Paris comptabilise à cette période entre 120 et 150 tables de billard.

                                             Billard sur table
                                          Première table de billard

Le 16 mai 1634 apparaît le terme "académie" pour une salle de billard. En 1636, le cardinal de Richelieu installe l'Académie Royale, réservée à la noblesse. 70 jeunes suivent alors un programme d'éducation avec des exercices militaires, des mathématiques, de l'histoire, de l'escrime et du billard. La connaissance complète du billard était d'ailleurs exigée lors des examens de sortie donnant droit à l'admission chez les mousquetaires du Roi.

En 1680, Henri Simonis crée à Verviers (Belgique), un tissage de laine permettant ainsi au jeu d'évoluer. Il se rapproche alors du jeu tel que nous le connaissons aujourd'hui.
En 1790, le billard prit un tel essor que l'on compte 800 tables de billard à Paris. Les règles commencent à évoluer également : si la bille est trop proche de la bande, les meilleurs joueurs sont autorisés à utiliser l'arrière du bâton de billard (appelé à ce moment là "queue") pour se dégager. Cette méthode permettant une visée plus précise, de nombreux joueurs se mettent à jouer de cette façon.

Ce fut ensuite au tour du matériel d'être amélioré. En 1831, François Mingaud place sur la queue de billard une rondelle de cuir recouverte de craie. Ce "procédé" (dont le nom est encore aujourd'hui utilisé pour désigner la partie de la queue qui entre en contact avec la bille) permet alors d'éxécuter des coups jusqu'alors inconnus, par exemple le premier "rétro, qui consiste à faire reculer une bille.
En 1835, les bandes des billards sont remplacées par des bandes de caoutchouc, et on place de l'ardoise sur les tables. A partir de 1860, on chauffe les billards pour évacuer l'humidité. D'abord avec des lampes à pétrole placées sous le billard, puis au gaz en 1900 et enfin à l'électricité en 1925.

Le billard français tel que nous le connaissons aujourd'hui, apparaît en 1850. Il se joue avec seulement 3 billes, fabriquées en ivoire. En 1935, l'ivoire des billes est remplacé par le celluloïd, qui est une matière de synthèse. Cette matière est toujours utilisée aujourd'hui pour la fabrication des billes de billard. Cependant, les billes en ivoire continuèrent d'être utilisées pour le billard artistique jusqu'en 1999.

Pour faire participer plus de joueurs autour de la même table, les anglais décident de rajouter des billes sur la table et de créer des "poches" dans les angles et au milieu des deux plus grandes bandes. En 1875, le nombre croissant de billes oblige alors à les ranger dans un triangle: c'est la naissance du snooker.
En France, les joueurs préfèrent les carambolages, et restent donc avec les tables de billard français sans poches. Cependant, avec le talent des joueurs, les séries de points devenaient trop longues; on décide alors de déssiner des cadres sur le billard et on invente des jeux où les carambolages ne sont valables que si la bille touche des bandes.

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